Les Seychelles devraient percevoir environ 705 000 euros supplémentaires par an dans le cadre du nouveau protocole de pêche conclu avec l’Union européenne (UE). Signé à Bruxelles le 27 juillet, l’accord autorise également le retour des navires européens dans la zone économique exclusive (ZEE) seychelloise.
Le protocole, conclu pour quatre ans, prévoit une hausse de 7,36 % de la contribution financière globale par rapport au précédent accord, qui était arrivé à expiration en février. Une clause de révision à mi-parcours permettra par ailleurs aux deux parties de réexaminer certains éléments du texte après deux ans. Selon le ministre seychellois de la Pêche, de l’Agriculture et de l’Économie bleue, Wallace Cosgrow, a indiqué que les négociations avaient été longues et avaient nécessité des compromis. Selon lui, les recettes annuelles prévues pour les Seychelles passeront de 9,575 millions à 10,28 millions d’euros, soit une augmentation d’environ 705 000 euros.
Le nouveau protocole est également plus court que le précédent, avec une durée de quatre ans contre six. Le gouvernement seychellois présente cette disposition comme un moyen de permettre une réévaluation plus fréquente des conditions du partenariat. L’accord autorise jusqu’à 30 thoniers senneurs et huit palangriers de l’UE, principalement espagnols et français, à pêcher dans les eaux seychelloises. Il repose sur un volume de capture de référence de 55 000 tonnes de thon et d’autres espèces hautement migratrices par an. La contribution européenne comprend notamment un droit d’accès annuel porté de 2,5 à 2,75 millions d’euros. Le financement destiné au développement du secteur de la pêche passe, quant à lui, de 2,8 à 3 millions d’euros par an.
Depuis l’expiration du précédent protocole, les navires européens avaient continué à opérer en haute mer, mais ne pouvaient plus pêcher dans la ZEE des Seychelles. Depuis la signature du nouvel accord, 15 demandes de licences auraient déjà été déposées par des navires battant pavillon européen. Cette interruption n’aurait toutefois pas entraîné d’arrêt significatif des activités portuaires à Victoria. Les navires européens ont continué à utiliser les infrastructures du port pour le ravitaillement, l’avitaillement et le débarquement de leurs captures. Selon le secrétaire principal à la Pêche, Roy Clarisse, l'impact financier a principalement concerné la Seychelles Fisheries Authority (SFA), qui n’a pas perçu pendant cette période les recettes liées aux licences de pêche.
Le mécanisme financier repose sur une capture de référence annuelle de 55 000 tonnes. Si les prises dépassent ce seuil, des paiements supplémentaires sont prévus. En revanche, aucune compensation ne serait demandée lorsque les captures restent inférieures au volume de référence. Les fonds consacrés au développement du secteur doivent continuer à financer différents projets, notamment la construction de marchés aux poissons et de fabriques de glace, le soutien aux pêcheurs et à leurs associations, la recherche scientifique ainsi que les dispositifs de surveillance et de gestion des ressources halieutiques.
La question de la durabilité des stocks figure également parmi les enjeux du protocole. Roy Clarisse a estimé que l’augmentation du volume de référence ne constituait pas une menace pour les stocks de thon, rappelant que ces espèces migratoires font l’objet d’une gestion régionale dans le cadre de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI). Le protocole maintient par ailleurs les dispositions favorisant l’emploi de marins seychellois à bord des navires européens, notamment les diplômés de la Seychelles Maritime Academy. Des mesures environnementales sont également prévues, une partie des redevances versées par les armateurs devant contribuer à des opérations de conservation marine, dont le retrait de dispositifs de concentration de poissons (DCP) échoués sur les récifs et les plages. A savoir enfin que la première réunion du Comité conjoint chargé du suivi du protocole devrait se tenir en septembre. Elle devrait notamment porter sur la mise en œuvre de l’accord et sur l’introduction de systèmes de vidéosurveillance électronique à bord des navires européens.
