L’agence Fitch Ratings maintient la note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères des Seychelles à « BB », avec une perspective stable. Dans son évaluation publiée le 3 septembre, l’agence considère que le pays conserve plusieurs fondamentaux favorables, notamment un niveau de revenu relativement élevé, des indicateurs de gouvernance solides et un accès régulier aux financements des partenaires multilatéraux.
Les atouts mises en avant restent toutefois confrontés à la vulnérabilité d’une économie de petite taille et fortement dépendante du tourisme. La note « BB » avait été attribuée aux Seychelles en septembre 2025, après un relèvement depuis « BB- ». Il s’agissait alors de la meilleure notation souveraine accordée au pays par Fitch depuis 2019. Un an plus tard, l’agence estime que les facteurs ayant justifié cette amélioration restent globalement présents, malgré une dégradation temporaire des perspectives économiques. Le principal point de vigilance concerne le tourisme. Le secteur, qui constitue l’un des principaux moteurs de l’économie seychelloise, a subi les conséquences des perturbations provoquées par le conflit impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis.
Les arrivées de visiteurs ont ainsi reculé de plus de 30 % en mars et avril 2026. Elles sont demeurées inférieures aux niveaux de l’année précédente jusqu’en juin. La situation s’est toutefois améliorée durant l’été. L’ouverture de liaisons directes d’Air Seychelles vers Paris et Rome, ainsi que l’augmentation des capacités proposées par d’autres transporteurs, notamment au départ de la Russie, ont contribué au redressement du trafic. En juillet, le nombre de visiteurs a dépassé de près de 2 % celui enregistré au même mois de 2025. Fitch table néanmoins sur une baisse de 10 % des arrivées touristiques et de 8 % des recettes liées au secteur en 2026. L’agence considère que ce choc devrait rester temporaire et que l’industrie touristique dispose de capacités suffisantes pour en absorber les effets.
Le gouvernement met pour sa part l’accent sur l’évolution des recettes. Le ministre des Finances, Pierre Laporte, a indiqué que les résultats du premier semestre étaient encourageants malgré la diminution du nombre de visiteurs. Selon lui, la progression des recettes traduit notamment une amélioration du rendement économique du tourisme. Les performances d’autres secteurs auraient également contribué aux recettes publiques. Cette situation intervient alors que les autorités ont modifié certaines orientations budgétaires adoptées après la pandémie. Fitch relève notamment l’abandon de plusieurs mesures d’assainissement destinées à reconstituer les marges budgétaires et les réserves extérieures. Le déficit public devrait ainsi atteindre 2,4 % du PIB en 2026, contre 0,4 % en 2025.
Cette détérioration s’explique à la fois par le ralentissement de l’activité et par l’augmentation des dépenses publiques. Le rétablissement du 13e mois pour les fonctionnaires, l’abaissement de l’âge de la retraite ainsi que la réactivation de certains ministères et agences figurent parmi les mesures ayant accru les dépenses. Le gouvernement assume cette orientation. Pierre Laporte estime que ces dépenses répondent à des objectifs sociaux, tout en affirmant qu’elles restent compatibles avec les capacités financières de l’État. Il assure que les recettes collectées au premier semestre ont dépassé les prévisions et que les autorités entendent préserver les équilibres macroéconomiques, réduire progressivement la dette et maintenir un niveau adéquat de réserves de change.
Fitch prévoit une dette publique culminant à 55,7 % du PIB en 2026, avant de revenir à 52,8 % en 2028. L’amélioration attendue reposerait notamment sur la reprise de la croissance et le renforcement des excédents primaires. La Banque centrale estime également que les réserves extérieures constituent un amortisseur face aux chocs. Sa gouverneure, Caroline Abel, souligne que l’institution n’a pas eu à intervenir pour soutenir la roupie, restée relativement stable. Après une croissance de 6,1 % en 2025, Fitch anticipe un net ralentissement à 0,8 % en 2026. La croissance devrait ensuite repartir en 2027 et retrouver progressivement un rythme proche de 3,5 % à partir de 2028.
