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CÂBLE SOUS-MARIN | Arrivée de "ReuNION" en 2027

L'île française de l'océan Indien prépare une nouvelle étape de sa stratégie numérique. Alors que le câble sous-marin SAFE, en service depuis 2002, doit progressivement être retiré du réseau à partir de 2027, la collectivité régionale mise sur une nouvelle liaison avec l’Afrique du Sud. Baptisé ReuNION, pour Réunion New Indian Ocean Network, le projet représente un investissement de 93,1 millions d’euros et doit renforcer la sécurité des communications de l’île avec l’extérieur.


L'île française de l'océan Indien prépare une nouvelle étape de sa stratégie numérique. Alors que le câble sous-marin SAFE, en service depuis 2002, doit progressivement être retiré du réseau à partir de 2027, la collectivité régionale mise sur une nouvelle liaison avec l’Afrique du Sud. Baptisé ReuNION, pour Réunion New Indian Ocean Network, le projet représente un investissement de 93,1 millions d’euros et doit renforcer la sécurité des communications de l’île avec l’extérieur.


Le remplacement du SAFE ne répond pas uniquement à une question de capacité. Le câble, dont les performances sont désormais limitées, a largement été dépassé par les infrastructures plus récentes, notamment METISS, opérationnel depuis 2018. Avec ses capacités nettement supérieures, ce dernier est aujourd’hui en mesure d’absorber le trafic généré par La Réunion. Mais la concentration d’une part importante des communications sur une même infrastructure constitue une vulnérabilité. L’épisode d’août 2023 l’a rappelé. Une panne affectant une liaison vers l’Europe, conjuguée à des opérations de maintenance sur une autre, avait fortement perturbé les communications. Dans un territoire insulaire dépendant de connexions internationales pour ses échanges numériques, la redondance des infrastructures apparaît donc comme un enjeu stratégique.


C’est dans cette perspective que la Région, à travers La Réunion Connectée, s’est associée à trois opérateurs : Orange, Réunicable, filiale du groupe Océinde, et Telco OI, détenu par Iliad et Axian. Le consortium consacrera 36,6 millions d’euros au projet, dont le coût total atteint 93,1 millions. Le futur câble reliera la côte ouest de La Réunion à la région de Durban. Il comportera 16 paires de fibres optiques, chacune devant offrir une capacité de l’ordre d’une vingtaine de térabits par seconde. Quatre paires seront directement exploitées par les opérateurs partenaires, tandis que les douze restantes resteront à la disposition de La Réunion Connectée, qui pourra les commercialiser auprès d’autres acteurs internationaux.


Au-delà de la sécurisation des communications, cette capacité constitue donc un actif commercial et stratégique. Elle doit notamment permettre à La Réunion de renforcer sa position dans les réseaux numériques de l’océan Indien. Le projet ReuNION constitue cependant la première phase d’une stratégie plus ambitieuse. La Région envisage de prolonger ultérieurement la liaison jusqu’à Singapour, l’un des principaux centres mondiaux d’interconnexion numérique. Le coût de cette seconde infrastructure est actuellement évalué entre 250 et 400 millions d’euros. L’Union européenne joue un rôle déterminant dans le financement de la première étape. Le Fonds européen de développement régional doit apporter 30 millions d’euros, auxquels s’ajouteront 20 millions provenant du programme Connecting Europe Facility. L’appui européen couvre ainsi plus de la moitié du coût du projet.


Pour Bruxelles, l’enjeu dépasse le seul développement numérique de La Réunion. La multiplication des tensions géopolitiques et les préoccupations croissantes autour de la protection des infrastructures sous-marines renforcent l’importance de disposer de liaisons diversifiées et sécurisées. Avec ReuNION, La Réunion cherche ainsi à réduire sa dépendance à une infrastructure vieillissante tout en consolidant son rôle dans les échanges numériques de l’océan Indien. La perspective d’une connexion future avec Singapour pourrait, à terme, donner une dimension régionale plus importante à cette ambition.