Le gouvernement mauricien prépare la création d’une Project Monitoring and Implementation Unit, chargée de renforcer le suivi des grands projets d’infrastructure publique. Placée directement sous l’autorité du bureau du Premier ministre, cette structure doit répondre à plusieurs difficultés régulièrement rencontrées dans la conduite des projets publics : dispersion des responsabilités, lourdeur administrative, coordination insuffisante entre les ministères et retards dans l’exécution.
Le principe n’est pas entièrement nouveau à Maurice. Le gouvernement avait déjà mis en place, en 2011, une unité de haut niveau dédiée au suivi de l’exécution des politiques et projets gouvernementaux sous l’égide du bureau du Premier ministre. La nouvelle structure est présentée dans un contexte où les autorités souhaitent renforcer la coordination et le pilotage des investissements publics. Selon les éléments avancés par le gouvernement, les administrations ont parfois fonctionné de manière trop cloisonnée, compliquant la résolution de problèmes qui dépassent les compétences d’un seul ministère. Des blocages réglementaires, des délais dans les procédures et des difficultés de coordination peuvent ainsi retarder la réalisation des infrastructures et accroître leur coût.
La future unité ne devrait pas disposer d’un pouvoir décisionnel. Sa fonction sera principalement de suivre l’avancement des projets, d’identifier les obstacles et de signaler au gouvernement les retards ou les dépassements de coûts. Elle devra également transmettre régulièrement des rapports au bureau du Premier ministre. Cette distinction entre suivi et décision constitue un élément important du dispositif. L’unité pourra centraliser l’information et mettre en évidence les difficultés rencontrées sur les différents chantiers, mais les décisions resteront de la responsabilité des ministères et organismes compétents. L’approche envisagée repose notamment sur une planification plus intégrée, un échange accru d’informations entre administrations et un suivi des performances fondé sur des données. L’objectif est de disposer d’une vision plus régulière de l’état des projets et de leurs écarts éventuels par rapport aux calendriers et aux budgets prévus.
Le gouvernement prévoit par ailleurs de recruter des professionnels disposant d’une expérience dans l’ingénierie et la gestion de projets. Des consultations sont en cours et l’hypothèse de faire appel à un spécialiste étranger est également envisagée. Le choix des profils constituera un élément déterminant pour le fonctionnement de la future structure. Son efficacité dépendra autant de la qualité de son expertise que de sa capacité à obtenir des informations fiables auprès des différentes administrations et à assurer un suivi suffisamment régulier des projets. Cette réorganisation intervient suite dans un contexte où les mécanismes de suivi des investissements publics ont déjà fait l’objet de critiques. Des rapports du National Audit Office ont notamment relevé, dans certains projets, des problèmes de coordination, de suivi, de ressources humaines et de gestion des contrats.
La nouvelle unité devra donc trouver sa place dans un dispositif administratif qui comporte déjà plusieurs structures de suivi. Son apport attendu réside surtout dans sa capacité à rapprocher les informations, à faire remonter rapidement les difficultés au niveau gouvernemental et à limiter les délais entre l’apparition d’un problème et sa prise en compte. Pour les finances publiques, l’enjeu est directement lié à la maîtrise des délais et des coûts. La réussite du dispositif dépendra toutefois de sa capacité à transformer le suivi administratif en mécanisme effectif de coordination, sans ajouter une couche supplémentaire de procédures aux projets qu’il est précisément chargé d’accélérer.
