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ETAT CIVIL | Un enjeu de taille pour Madagascar

La question de l’état civil s’impose progressivement comme un enjeu de gouvernance et de développement à Madagascar. C'est le contsta fait par la Représentation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour l’océan Indien (REPOI) qui a participé à Antananarivo à la célébration conjointe de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local et de la Journée africaine de l’état civil, organisée par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation et la Commune urbaine d’Antananarivo.


La question de l’état civil s’impose progressivement comme un enjeu de gouvernance et de développement à Madagascar. C'est le constat fait par la Représentation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour l’océan Indien (REPOI) qui a participé à Antananarivo à la célébration conjointe de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local et de la Journée africaine de l’état civil, organisée par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation et la Commune urbaine d’Antananarivo. 


La rencontre, tenue à l’hôtel de ville d’Analakely, a notamment porté sur la modernisation et l’accessibilité des systèmes d’enregistrement. Au cours du panel consacré à un « état civil accessible et moderne, gage d’un développement inclusif », les participants ont rappelé le rôle de l’identité juridique dans l’accès aux droits et aux services publics. L’enregistrement d’une naissance constitue en effet le premier niveau de reconnaissance administrative d’une personne. Pour les jeunes, l’absence d’acte de naissance peut avoir des conséquences concrètes sur la scolarité, la formation et, à terme, l’accès au marché du travail.


À Madagascar, la modernisation de l’état civil s’inscrit dans un plan de réforme engagé depuis plusieurs années. Le gouvernement a notamment lancé la Réforme de l’état civil et de l’identité (RECI), en cohérence avec l’objectif de développement durable visant à garantir une identité juridique à tous. Parallèlement, l’OIF accompagne les autorités malgaches depuis 2020 dans le renforcement du système d’état civil, à travers notamment la régularisation des naissances, la formation des acteurs locaux et la sensibilisation des populations. Les résultats enregistrés montrent l’ampleur du chantier. En 2024-2025, le projet soutenu par l’OIF a permis l’enregistrement de plus de 65 000 personnes. Depuis le lancement de son programme à Madagascar, l’organisation a également accompagné des opérations de régularisation à grande échelle, notamment dans la capitale. 


En mars 2025, un guichet unique consacré à l’enregistrement des naissances a ainsi été inauguré dans le premier arrondissement d’Antananarivo. Une nouvelle étape a été franchie en mai 2026 avec l’adoption d’une loi autorisant l’enregistrement massif des naissances dans le cadre de l’opération nationale d’enrôlement biométrique. Selon la Banque mondiale, cette disposition doit permettre à des millions d’adultes dépourvus d’identité légale d’obtenir un acte de naissance sans passer systématiquement par une procédure judiciaire longue et coûteuse. L’enjeu dépasse ainsi la seule dimension administrative. Un état civil fiable permet à l’État de mieux connaître sa population, de planifier les services publics et d’améliorer le ciblage des politiques sociales. Pour les collectivités territoriales, des registres plus complets peuvent également faciliter la planification scolaire, sanitaire ou sociale.


La digitalisation constitue désormais un autre axe majeur. L’OIF identifie, pour la nouvelle décennie africaine consacrée aux systèmes d’état civil et de statistiques de l’état civil, trois priorités : l’interopérabilité, la décentralisation et la digitalisation. Le défi reste toutefois celui de la mise en œuvre. La modernisation des outils ne suffira pas si les populations les plus éloignées des centres administratifs continuent de rencontrer des obstacles liés à l’information, aux coûts ou à l’accès aux services. À Madagascar, la consolidation de l’état civil dépendra donc autant des infrastructures numériques que de la capacité des institutions à rapprocher durablement ces services des citoyens.