Le président américain Donald Trump a vivement critiqué la décision du Royaume-Uni concernant la location de Diego Garcia, une base militaire américano-britannique stratégique située dans l'archipel des Chagos, dans l'océan Indien.
Donald Trump estime que la décision du Royaume Uni constitue une « grave erreur » susceptible d’avoir des conséquences stratégiques en cas d’escalade des tensions avec l’Iran. Ses déclarations interviennent dans un contexte diplomatique sensible autour du statut de Diego Garcia, île abritant une base militaire conjointe américano-britannique dans l’océan Indien. En mai 2025, Londres a annoncé un accord prévoyant le transfert de la souveraineté de l’archipel des Chagos à Maurice, tout en maintenant la présence militaire occidentale à Diego Garcia grâce à un bail de 99 ans, pour un montant annuel de 101 millions de livres sterling (environ 136 millions de dollars). Cette formule vise à concilier la reconnaissance des revendications mauriciennes sur l’archipel et la préservation des intérêts stratégiques britanniques et américains dans la région.
L’archipel des Chagos avait été détaché de Maurice en 1965 par le Royaume-Uni, alors que l’île était encore une colonie britannique, afin de créer le Territoire britannique de l’océan Indien. L’année suivante, en 1966, Londres avait loué Diego Garcia aux États-Unis pour en faire une base militaire. Depuis lors, le site joue un rôle clé dans la projection de puissance occidentale au Moyen-Orient et en Asie, notamment lors d’opérations militaires en Irak et en Afghanistan. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé qu’il avait mis en garde le Premier ministre britannique Keir Starmer contre la signature d’un bail qu’il juge « au mieux précaire ». Selon lui, les États-Unis pourraient être amenés à utiliser Diego Garcia si les négociations sur le programme nucléaire iranien échouaient, rendant essentiel le maintien d’un contrôle ferme sur cette installation stratégique. Il a ajouté que perdre le contrôle direct du site constituerait « une tache » pour un allié historique des États-Unis.
Ces propos contrastent avec la position officielle de Washington exprimée la veille. Le département d’État américain a en effet indiqué soutenir la décision britannique de donner suite à l’accord conclu avec Maurice concernant l’archipel des Chagos. Cette prise de position a été interprétée comme un aval à la solution négociée par Londres, malgré les critiques émises par l’ancien président. Du côté britannique, le ministère des Affaires étrangères a défendu l'accord, le qualifiant de « crucial pour la sécurité du Royaume-Uni et de ses principaux alliés ». Dans un communiqué, il a estimé que l’accord constituait le seul moyen de garantir l’avenir à long terme de la base militaire, tout en réglant un différend territorial ancien avec Maurice.
La controverse a également suscité des réactions au sein de la classe politique britannique. Ed Davey, chef du Parti libéral-démocrate, a dénoncé ce qu’il considère comme un « revirement » des États-Unis sur la question. Il a affirmé que le Royaume-Uni ne pouvait pas compter pleinement sur Washington « tant que Trump était à la Maison Blanche », appelant à un renforcement des liens avec les partenaires européens. Au-delà des échanges politiques, le débat met en lumière les enjeux géostratégiques liés à Diego Garcia. Il souligne également la complexité des arbitrages entre considérations de souveraineté, alliances militaires et équilibres diplomatiques dans un contexte international marqué par des tensions persistantes.
