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MAYOTTE - LOGEMENT | La crise persiste

Le logement demeure l’un des défis majeurs auxquels fait face Mayotte. Dans un contexte de forte croissance démographique et de pauvreté massive, la situation ne cesse de se dégrader, malgré les alertes répétées des acteurs associatifs et institutionnels.


Le logement demeure l’un des défis majeurs auxquels fait face Mayotte. Dans un contexte de forte croissance démographique et de pauvreté massive, la situation ne cesse de se dégrader, malgré les alertes répétées des acteurs associatifs et institutionnels. La Fondation pour le Logement des Défavorisés a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la crise.


Dans les cinq DROMGuadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte — plus de 700 000 personnes vivent dans des conditions jugées précaires. Mais c’est à Mayotte que les chiffres atteignent des niveaux particulièrement préoccupants. Sur une population estimée à 329 282 habitants, plus de 230 000 personnes seraient concernées par le mal-logement, selon Le Journal de Mayotte. Cela représente près de 70 % de la population, un taux sans équivalent dans les autres départements et régions d’outre-mer. À titre de comparaison, en Guyane, autre territoire confronté à de fortes tensions démographiques et sociales, le taux de personnes vivant dans des conditions précaires atteint 57 %. Bien que déjà très élevé, il reste nettement inférieur à celui observé à Mayotte, soulignant l’ampleur exceptionnelle de la crise mahoraise.


Plus alarmant encore, 60,2 % des logements à Mayotte sont considérés comme indignes ou insalubres. Ces habitations présentent souvent des défauts majeurs : absence d’accès à l’eau potable, installations électriques dangereuses, matériaux de construction fragiles ou inadaptés aux conditions climatiques. Plus de 110 000 personnes vivent ainsi dans des habitations de fortune, souvent construites de manière informelle, sans respect des normes de sécurité ou d’urbanisme. Cette situation est aggravée par une croissance démographique rapide, estimée à 3,6 % par an. L’augmentation constante de la population exerce une pression supplémentaire sur un parc de logements déjà saturé. Chaque année, les besoins s’accroissent plus vite que les capacités de construction et d’aménagement du territoire.


La précarité économique accentue également la crise. Le taux de pauvreté atteint 77 % à Mayotte, un niveau extrêmement élevé qui limite l’accès à un logement décent pour une large majorité des habitants. Même lorsque des logements sont disponibles, les loyers pratiqués — autour de 16 euros le mètre carré — restent inaccessibles pour de nombreux ménages aux revenus modestes ou irréguliers. Le parc social, censé constituer un filet de sécurité pour les plus vulnérables, demeure très insuffisant. Il ne compte que 1 350 logements, un chiffre dérisoire au regard des besoins estimés. L’écart entre l’offre et la demande est considérable, laissant des milliers de familles sans solution durable.


Face à cette situation, les enjeux sont multiples : accélération de la construction de logements sociaux, résorption de l’habitat insalubre, régularisation et sécurisation des quartiers informels, mais aussi lutte contre la pauvreté et amélioration des infrastructures de base. La crise du logement à Mayotte ne peut être dissociée des défis sociaux, économiques et démographiques qui traversent le territoire. Sans un plan d’action ambitieux, coordonné et durable, le risque est grand de voir les inégalités se creuser davantage. Pour Mayotte, le logement n’est pas seulement une question d’urbanisme : il s’agit d’un enjeu central de dignité, de santé publique et de cohésion sociale.