Les acteurs des secteurs agricole, halieutique et aquacole de Mayotte sont appelés à se rendre aux urnes le 28 janvier prochain à l’occasion des élections de la Chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte (CAPAM). Ce scrutin, attendu par les professionnels du monde rural et maritime, se tiendra de 8 heures à 16 heures au Pôle d’Excellence rurale de Coconi, lieu unique retenu pour l’organisation du vote.
Selon les informations communiquées par la préfecture, la liste des électeurs est d’ores et déjà consultable dans les mairies, à la préfecture ainsi qu’au siège de la la Chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte. Les autorités invitent les électeurs concernés à vérifier leur inscription en amont afin d’éviter toute difficulté le jour du scrutin. Les règles de vote ont également été rappelées avec insistance : pour être valable, le bulletin ne doit comporter ni ajout, ni suppression de noms, ni modification de l’ordre de présentation de la liste. Toute irrégularité entraînerait la nullité du vote.
Pour rappel, cette élection, initialement prévue plus tôt, avait été reportée en raison du passage du cyclone Chido à la fin de l’année 2024. Les dégâts causés par ce phénomène météorologique avaient perturbé les activités agricoles et de pêche, ainsi que le fonctionnement des services administratifs, rendant impossible la tenue du scrutin dans des conditions normales. Le report visait alors à garantir à la fois la sécurité des électeurs et l’équité du processus électoral. A savoir que la CAPAM occupe une place stratégique dans l’organisation et le développement des filières agricoles et halieutiques à Mayotte. Elle a pour mission de représenter les intérêts des professionnels, de les accompagner dans leurs démarches techniques et administratives, et de contribuer à la structuration des filières locales.
Dans un territoire confronté à de nombreux défis, tels que la pression foncière, les contraintes climatiques, la pêche illégale ou encore la sécurité alimentaire, le rôle de cette institution est jugé essentiel. Cependant, la chambre consulaire sort d’une période particulièrement difficile. Au cours de la dernière décennie, la CAPAM a connu d’importants problèmes financiers et de gouvernance, qui ont conduit l’État à la placer sous tutelle entre 2015 et 2022. Cette mesure exceptionnelle visait à assainir sa gestion, à rétablir l’équilibre budgétaire et à renforcer les mécanismes de contrôle. La sortie de tutelle a marqué une étape importante, mais la reconstruction de la crédibilité et de l’efficacité de l’institution reste un enjeu majeur.
Dans ce contexte, les élections du 28 janvier revêtent une importance particulière. Elles doivent permettre de doter la CAPAM d’une gouvernance renouvelée, capable de répondre aux attentes des agriculteurs, des pêcheurs et des acteurs de l’aquaculture. Les professionnels espèrent que cette nouvelle mandature sera en mesure de porter des projets structurants, de défendre les intérêts du secteur auprès des pouvoirs publics et de contribuer au développement durable des activités rurales et maritimes à Mayotte. Au-delà du simple renouvellement des instances, ce scrutin est perçu comme un test de mobilisation et d’appropriation par les acteurs locaux. La participation des électeurs constituera un indicateur clé de la confiance accordée à la CAPAM et de la volonté collective de renforcer une institution appelée à jouer un rôle central dans l’avenir agricole et halieutique du territoire.
