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SUD DE MADAGASCAR | Désenclavement et intégration régionale

Le désenclavement du Sud de Madagascar et le renforcement de son intégration commerciale régionale progressent avec le lancement de la troisième phase du Projet d’aménagement de corridors et de facilitation du commerce (PACFC III). Doté d’un financement de 229,47 millions de dollars, principalement mobilisé auprès de la Banque africaine de développement (BAD), ce programme associe investissements routiers, modernisation des infrastructures de transport et simplification des échanges commerciaux. 


Le désenclavement du Sud de Madagascar et le renforcement de son intégration commerciale régionale progressent avec le lancement de la troisième phase du Projet d’aménagement de corridors et de facilitation du commerce (PACFC III). Doté d’un financement de 229,47 millions de dollars, principalement mobilisé auprès de la Banque africaine de développement (BAD), ce programme associe investissements routiers, modernisation des infrastructures de transport et simplification des échanges commerciaux.


Selon les explications fournies, ce programme ambitionne de mieux connecter les territoires du Sud aux circuits économiques nationaux et régionaux, notamment à travers le canal du Mozambique. Parmi les interventions prioritaires figure l’aménagement et le bitumage de la route nationale temporaire 55 (RNT55), sur le tronçon reliant Bevoay à Morombe, dans la région Atsimo-Andrefana. Long de 78 kilomètres, cet axe sera également accompagné de l’aménagement de la voie d’accès à l’aérodrome de Morombe. L’objectif est de faciliter les déplacements, de réduire les contraintes logistiques et de permettre une meilleure circulation des productions agricoles et des marchandises.


À Toliara, le projet prévoit la construction d’une rocade-digue de 22 kilomètres. Cet ouvrage doit répondre à un double impératif : améliorer la circulation autour de la ville et renforcer sa protection contre les crues du fleuve Fiherenana, régulièrement à l’origine d’inondations. Sur la route nationale 9 (RN9), le dédoublement du pont de Manombo et la reconstruction de celui de Belalanda figurent également au programme. Ces interventions visent à sécuriser les franchissements et à réduire les difficultés de circulation sur cet axe stratégique. Le PACFC III prévoit par ailleurs la réalisation des études nécessaires à l’extension de l’aéroport de Toliara. Cette composante témoigne d’une approche qui ne se limite pas au réseau routier, mais cherche à renforcer les différentes formes de connectivité du territoire.


Lors du lancement officiel du projet, le secrétaire général du ministère des Travaux publics, Sambisolo Émile Joseph, a souligné la portée économique de ces investissements. Selon lui, l’amélioration des infrastructures doit contribuer au désenclavement des communes et des districts du Sud, tout en valorisant le potentiel économique de cette partie de l’île. Pour la BAD, représentée par son représentant résident, Adam Amoumoun, la construction des routes ne constitue toutefois qu'une partie de l'équation. La performance économique dépend également de la capacité à relier les infrastructures de transport aux plateformes commerciales et portuaires. Dans cette perspective, le renforcement de la connectivité entre le port de Toliara et celui de Beira, au Mozambique, occupe une place centrale. Beira représente en effet un point d'accès important aux réseaux logistiques du canal du Mozambique et aux marchés du continent africain.


Cette dimension commerciale s'accompagnera de mesures de modernisation administrative. Avec l'appui de l'Office des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS), le programme prévoit notamment la construction d'une Académie des douanes comprenant des laboratoires, ainsi que la mise en place d'un guichet unique maritime. La dématérialisation des formalités portuaires et douanières doit permettre de réduire les délais de traitement et d'alléger les procédures auxquelles sont confrontés les opérateurs économiques. Les résultats annoncés sont significatifs. Le temps de parcours entre Bevoay et Morombe devrait passer de cinq heures à une heure trente, avec une diminution attendue des coûts de transport. Le projet ambitionne également de soutenir les activités agricoles, de stimuler les échanges commerciaux et de renforcer la compétitivité des entreprises locales. La création d'emplois directs qualifiés figure aussi parmi les retombées recherchées, avec un objectif d'au moins 40 % de postes réservés aux femmes.