Après les tensions observées au trimestre précédent, les conditions de financement s’améliorent partiellement à La Réunion au deuxième trimestre 2026. Les taux des nouveaux crédits à l’habitat accordés aux particuliers et des prêts de trésorerie aux entreprises reculent. Cette détente reste toutefois inégale : les crédits à la consommation et les financements immobiliers destinés aux entreprises continuent de renchérir.
Le coût du crédit amorce ainsi un mouvement plus favorable, sans que cette évolution puisse être interprétée comme une baisse généralisée des taux. Pour les ménages comme pour les entreprises, les conditions d’emprunt dépendent toujours de la nature du financement sollicité. Les particuliers bénéficient d’une amélioration du coût de leurs nouveaux crédits à l’habitat. Au deuxième trimestre, le taux moyen s’établit à 3,10 %, en baisse de 13 points de base par rapport au trimestre précédent. Il demeure légèrement inférieur à la moyenne nationale, fixée à 3,12 %. On sait en outre qu'à La Réunion, les emprunteurs contractent en moyenne des prêts sur 21 ans, pour un montant avoisinant 145 000 euros. Ces caractéristiques illustrent l’importance de l’engagement financier que représente l’achat d’un logement, généralement financé sur une période longue.
La détente reste néanmoins limitée à ce segment. Les nouveaux prêts personnels et autres crédits à la consommation remboursables par échéances suivent une trajectoire opposée. Leur taux moyen augmente de 23 points de base en trois mois, pour atteindre 6,60 %. Ce décalage souligne que l’amélioration des conditions d’emprunt ne profite pas uniformément aux ménages. Le financement d’un projet immobilier devient légèrement moins coûteux, tandis que les crédits destinés à d’autres dépenses continuent de subir des conditions plus contraignantes. Pour les entreprises, le changement le plus marqué concerne les crédits de trésorerie à échéance. Leur taux moyen passe de 4,46 % en janvier 2026 à 3,38 % en avril, soit une diminution de 108 points de base.
Cette baisse intervient après une hausse de 155 points de base au trimestre précédent. Le recul permet ainsi au taux réunionnais de repasser sous la moyenne nationale. Pour les entreprises qui ont besoin de financer leur cycle d’exploitation, cette évolution peut alléger le coût des ressources empruntées, même si son effet dépend des montants mobilisés et des conditions propres à chaque dossier. Les autres catégories de financement évoluent différemment. Les taux des nouveaux crédits d’équipement restent relativement stables, à un niveau légèrement supérieur à 4 %. Ces prêts, destinés notamment à financer des investissements productifs, ne bénéficient donc pas d’une détente comparable à celle observée sur la trésorerie.
À l’inverse, les crédits immobiliers accordés aux entreprises enregistrent une hausse de 39 points de base au cours du trimestre. L’accès au financement demeure ainsi plus coûteux pour les projets immobiliers professionnels. Le deuxième trimestre dessine une situation contrastée sur le marché réunionnais du crédit. La baisse des taux immobiliers pour les particuliers et le recul marqué du coût des crédits de trésorerie constituent des signaux favorables. Mais la progression des taux de certains prêts rappelle que les conditions financières restent dépendantes des usages et des catégories d’emprunteurs. Selon les analystes, cette évolution marque une accalmie plutôt qu’un retournement généralisé.
