Selon les autorités malgaches, la transformation numérique de l’administration se traduit par plusieurs projets destinés à simplifier les démarches des usagers, renforcer les contrôles aux frontières et développer les compétences digitales. Le ministère en charge du Numérique (MNDPT) prépare notamment le lancement de la plateforme « e-Passeport », tandis que d’autres initiatives concernent la gestion des entrées sur le territoire, les infrastructures urbaines et la formation.
La future plateforme e-Passeport constitue l’un des principaux chantiers engagés dans cette dynamique. Les équipes techniques du ministère procèdent actuellement aux tests du système avant son lancement. L’objectif est de faciliter le traitement des demandes de passeport et de réduire les contraintes administratives auxquelles sont confrontés les usagers. La mise en ligne de ce service devrait permettre de gagner du temps et de simplifier certaines étapes de la procédure. Elle s’inscrit dans la continuité des dispositifs déjà déployés par le ministère de la Sécurité publique, notamment pour la prise de rendez-vous et le dépôt des dossiers. Ces démarches numériques visent à mieux organiser l’accueil du public, à limiter les files d’attente et à réduire les risques de pratiques corruptives.
Selon les explications fournies, cette évolution cadre avec la réforme des documents de voyage. La prolongation de la durée de validité du passeport malgache, qui passerait de cinq à dix ans, a récemment été adoptée en Conseil des ministres. La combinaison de cette mesure et de la dématérialisation des procédures pourrait alléger les démarches pour les citoyens. Son efficacité dépendra toutefois des modalités de mise en œuvre, de la fiabilité du système et de son accessibilité à l’ensemble des usagers. La numérisation concerne aussi les procédures d’entrée sur le territoire national. L’État prévoit de dématérialiser la fiche de débarquement des voyageurs, avec une première phase pilote à l’aéroport international d’Ivato. Ce dispositif doit améliorer la collecte et la traçabilité des informations relatives aux personnes arrivant à Madagascar.
L’enjeu est à la fois administratif et sanitaire. Une meilleure disponibilité des données pourrait faciliter les contrôles aux frontières et accélérer la réaction des autorités en cas de menace épidémique, notamment face à des maladies telles qu’Ebola. Pour atteindre ces objectifs, le système devra garantir la qualité des informations recueillies, leur protection et leur utilisation dans un cadre approprié. Parallèlement, le gouvernement prépare le développement de Nosy Be en tant que première « Smart City » de Madagascar. Le ministère de tutelle déploie les équipements et les infrastructures nécessaires à ce projet. Si les contours opérationnels et le calendrier complet ne sont pas encore précisés dans les informations disponibles, cette initiative traduit une volonté d’intégrer davantage les technologies numériques dans la gestion du territoire.
Le développement des infrastructures ne peut produire tous ses effets sans une main-d’œuvre formée. Dans cette perspective, Madagascar prévoit de collaborer avec le GIP Pix, organisme public français spécialisé dans l’évaluation et la certification des compétences numériques. Le partenariat doit contribuer à adapter les référentiels de formation aux standards internationaux et à permettre aux étudiants et apprenants malgaches d’accéder à une certification reconnue à l’international. Le ministère prévoit également de distribuer 2 000 ordinateurs aux centres de formation et aux établissements consacrés au développement des compétences numériques.
