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MANUTENTION PORTUAIRE | Tenue de l'assemblée de l'Unim à La Réunion

La Réunion a accueilli dernièrement l’assemblée générale de l’Union nationale des industries de la manutention portuaire (Unim), une organisation professionnelle qui rassemble une centaine d’adhérents présents dans une trentaine de ports français.


La Réunion a accueilli dernièrement l’assemblée générale de l’Union nationale des industries de la manutention portuaire (Unim), une organisation professionnelle qui rassemble une centaine d’adhérents présents dans une trentaine de ports français. Organisée le 26 juin dans l’Ouest de l’île, cette rencontre a été consacrée à plusieurs enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de la manutention portuaire, parmi lesquels la gouvernance des ports, la lutte contre le narcotrafic et l’évolution des infrastructures de Port-Réunion.


Créée il y a 120 ans, l’Unim n’avait organisé son assemblée générale annuelle hors de la métropole qu’à une seule reprise, en 1988 aux Antilles. Cette année, les rencontres ont été accueillies à La Réunion à l’initiative de Jean Brac de La Perrière, président du Groupement des entrepreneurs de manutention de Port-Réunion et représentant de l’organisation sur l’île. Une première table ronde a porté sur la gouvernance des infrastructures portuaires et sur la répartition des responsabilités entre les acteurs publics et les entreprises privées. À La Réunion, cette question fait l’objet de débats récurrents, notamment autour de la place du secteur concurrentiel dans la gestion et le développement du port de commerce.


Jean Brac de La Perrière a défendu une implication accrue des entreprises privées, estimant qu’elles doivent pouvoir davantage contribuer aux investissements portuaires. Julien Dujardin, président du directoire du Grand Port Maritime de La Réunion, a rappelé pour sa part que le secteur privé assume déjà plusieurs responsabilités, notamment dans la maintenance et l’exploitation des portiques à conteneurs. Selon lui, l’organisation actuelle repose sur une complémentarité entre acteurs publics et privés, dont les modalités pourraient néanmoins évoluer en fonction des besoins futurs du port.


Les professionnels ont également abordé le renforcement des mesures de sécurité dans les zones portuaires. À partir du 1er juillet 2026, de nouvelles dispositions doivent modifier les conditions d’accès aux secteurs sensibles, notamment à travers la réalisation d’enquêtes administratives préalables pour certaines autorisations et habilitations. Les entreprises de manutention sont directement concernées par ces mesures. Elles s’interrogent notamment sur leurs conséquences sociales et organisationnelles, alors que certains textes réglementaires nécessaires à leur application ne sont pas encore publiés.


Le renforcement des contrôles douaniers représente également un enjeu financier. Depuis le début de l’année, les douanes utilisent à Port-Réunion un scanner mobile destiné à contrôler les conteneurs et les véhicules susceptibles de transporter des produits illicites. Les opérations d’immobilisation et de contrôle génèrent des coûts, actuellement répercutés sur les importateurs. La question de leur répartition a donc été soulevée. Plusieurs acteurs proposent d’étudier d’autres mécanismes de financement, tandis que l’Unim estime que la charge liée aux contrôles ne devrait pas incomber directement aux manutentionnaires ou aux importateurs.


Les discussions ont enfin porté sur les perspectives de développement du Grand Port Maritime. L’un des principaux enjeux consiste à adapter les infrastructures à l’arrivée de porte-conteneurs de plus grande capacité. Cette évolution est présentée comme nécessaire pour maintenir les liaisons directes avec les grandes compagnies maritimes internationales et préserver la compétitivité de Port-Réunion. Les travaux envisagés pourraient représenter plusieurs centaines de millions d’euros d’investissement. Pour Julien Dujardin, ces besoins pourraient conduire à faire évoluer le modèle actuel et à rechercher une combinaison de financements publics et privés. La question du partage des investissements et de la gouvernance constituera ainsi l’un des principaux enjeux du développement futur de Port-Réunion.