L'archipel de l'océan Indien marque une évolution notable en matière d’intégration de son système statistique aux cadres africains et régionaux. Le Conseil des ministres a approuvé dernièrement la signature et la ratification de la Charte africaine de la statistique ainsi que du Protocole de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sur les statistiques.
À travers ces deux instruments, les autorités seychelloises souhaitent renforcer la qualité, la fiabilité et la comparabilité des données officielles produites dans le pays. L’objectif est également de rapprocher les méthodes nationales de collecte, de gestion et de diffusion des statistiques des normes appliquées aux niveaux régional, continental et international. Le vice-président Sebastien Pillay a présenté cette décision lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du Conseil des ministres. Selon lui, la Charte africaine de la statistique fournit un ensemble de principes destinés à guider les États dans la production et l’utilisation des données statistiques dans différents domaines.
Ces informations concernent notamment l’emploi, la gouvernance, l’énergie, l’environnement, les risques de catastrophe et la mesure de la pauvreté. Elles comprennent également des indicateurs utilisés pour évaluer les conditions de vie et suivre les progrès accomplis dans le cadre des politiques publiques. « Les Seychelles disposent déjà d’un bureau des statistiques qui a développé une solide base de travail au fil des années », a déclaré Sebastien Pillay. Le Bureau national des statistiques (NBS), chargé de la production des statistiques officielles du pays, fournit des données utilisées par les administrations publiques pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques.
L’adhésion aux deux instruments devrait toutefois permettre aux Seychelles de renforcer leur participation aux dispositifs statistiques de l’Union africaine et de la SADC. La Charte africaine de la statistique, adoptée par l’Union africaine en 2009, établit un cadre commun pour le développement des systèmes statistiques sur le continent. Elle repose notamment sur des principes liés à l’indépendance professionnelle des institutions, à la qualité des données ainsi qu’aux conditions de collecte et de diffusion des statistiques officielles. Le Protocole de la SADC sur les statistiques vise, pour sa part, à encadrer la coopération entre les États membres dans ce domaine. Il doit favoriser une plus grande harmonisation des stratégies statistiques nationales avec les standards régionaux, continentaux et internationaux.
Pour les Seychelles, l’enjeu est notamment de disposer de données plus facilement comparables avec celles des autres pays. Cette harmonisation peut faciliter les analyses régionales et permettre aux autorités de mieux situer les évolutions nationales dans un environnement plus large. Sebastien Pillay a insisté sur l’importance de disposer d’informations fiables pour soutenir la prise de décision publique. Les statistiques peuvent, selon lui, contribuer à identifier les risques et à orienter les priorités gouvernementales. Il a notamment évoqué les travaux réalisés avec les organismes chargés de la gestion des catastrophes, qui ont permis d’identifier certaines zones présentant des risques plus élevés d’inondation. Les données statistiques jouent également un rôle important dans le suivi du secteur touristique, pilier de l’économie seychelloise, à travers les chiffres relatifs aux arrivées de visiteurs, à l’occupation des établissements d’hébergement et à d’autres indicateurs de performance.
Ces informations permettent également de mesurer les conséquences d’événements extérieurs, notamment les perturbations affectant les marchés touristiques ou les réseaux de transport internationaux. Selon le gouvernement, la mise en œuvre des deux accords devrait par ailleurs favoriser la coopération technique, le renforcement des capacités et la mobilisation de ressources auprès de partenaires régionaux et internationaux. Les autorités estiment que les implications financières directes devraient rester limitées.
