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OCEAN INDIEN - TECH | La blockchain monte en puissance

Longtemps associée aux seules cryptomonnaies, la blockchain s'impose désormais comme une technologie stratégique au service de la transformation économique de la région. C'est l'un des principaux enseignements du Rapport économique sur l'Afrique 2026 de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (UNECA), qui souligne le potentiel des technologies de rupture pour stimuler la croissance, renforcer la compétitivité et accélérer l'intégration économique.


Longtemps associée aux seules cryptomonnaies, la blockchain s'impose désormais comme une technologie stratégique au service de la transformation économique de la région. C'est l'un des principaux enseignements du Rapport économique sur l'Afrique 2026 de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (UNECA), qui souligne le potentiel des technologies de rupture pour stimuler la croissance, renforcer la compétitivité et accélérer l'intégration économique.


Les chiffres traduisent une dynamique contrastée. En 2024, les start-up de la région Afrique et océan Indien spécialisées dans la blockchain ont levé 122,5 millions de dollars à travers 30 opérations. Si les financements ont reculé de 36 % par rapport à 2023, le nombre de transactions a progressé de 15 %. Pour les experts de l'UNECA, cette évolution témoigne d'un écosystème encore en phase d'amorçage : davantage d'entreprises se créent et attirent des investisseurs, mais avec des tickets de financement plus modestes. La région représente désormais 2,3 % des transactions mondiales dans la blockchain, confirmant un intérêt croissant pour cette technologie.


Au-delà de l'univers des cryptoactifs, les applications concrètes se multiplient. Dans certains pays, la blockchain est expérimentée pour sécuriser les registres fonciers et lutter contre les fraudes immobilières. En Afrique de l'Est, elle facilite déjà les paiements transfrontaliers et les transferts d'argent, réduisant les délais et les coûts dans une région où les envois de fonds restent particulièrement onéreux. Des plateformes comme AZA Finance ou Yellow Card illustrent cette évolution vers des services financiers plus rapides et plus transparents. La technologie s'impose également dans la logistique et le commerce international. Le projet Trade Logistics Information Pipeline, développé entre le Kenya et l'Union européenne, permet par exemple de partager des données en temps réel sur les exportations horticoles afin de garantir leur traçabilité. Cette initiative est désormais étendue à d'autres corridors commerciaux, notamment avec le Royaume-Uni et l'Inde.


Dans la région de l'océan Indien, cette évolution ouvre des perspectives particulièrement intéressantes. Les économies insulaires, fortement dépendantes du commerce extérieur, du tourisme et des services financiers, pourraient tirer parti de la blockchain pour renforcer la traçabilité des produits agricoles, améliorer les procédures douanières ou encore sécuriser les transactions commerciales. Des pays comme Maurice se sont déjà positionnés parmi les pionniers africains en matière de réglementation des actifs numériques et de technologies financières, tandis que les Seychelles continuent de développer leur écosystème fintech. Ces deux États misent sur un cadre réglementaire relativement favorable pour attirer les entreprises innovantes et les investisseurs internationaux.


Pour Madagascar, les opportunités sont nombreuses. La blockchain pourrait contribuer à améliorer la traçabilité des filières d'exportation stratégiques, comme la vanille, le cacao ou les produits de la pêche, en apportant davantage de transparence aux acheteurs internationaux. Elle pourrait également faciliter les paiements internationaux des entreprises exportatrices, renforcer la sécurisation des titres fonciers ou encore soutenir la modernisation des services publics. Le défi reste toutefois réglementaire. L'UNECA estime que le développement de cette technologie dépendra de la capacité des États africains à mettre en place des cadres juridiques stables, conciliant innovation, protection des consommateurs et sécurité des transactions. 


Dans un contexte marqué par l'entrée en vigueur progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la blockchain pourrait devenir l'un des piliers des futurs échanges numériques du continent. Pour les pays de l'océan Indien, l'enjeu est désormais de ne pas rester à l'écart de cette nouvelle révolution technologique, qui dépasse largement le seul marché des cryptomonnaies pour s'imposer comme une infrastructure au service du développement économique.