Le Conseil départemental de Mayotte a officialisé, ce jeudi 26 mars, le lancement du réseau interurbain M’Safara. Après plusieurs mois de préparation, ce projet structurant entre désormais dans une phase concrète, marquant une avancée significative pour les mobilités sur l’île. « Tout est prêt », a affirmé Ali Omar, vice-président en charge de l’Administration générale, du Transport et de la Transition écologique, évoquant des tarifs validés, une identité clairement définie et un schéma de transport désormais finalisé.
Au cœur de cette initiative se trouve l'ambition d'améliorer le quotidien des habitants. Dans un territoire où se déplacer reste souvent complexe, M’Safara entend apporter des solutions durables. Aller travailler, accompagner ses enfants à l’école ou simplement effectuer des courses représente encore, pour de nombreux Mahorais, un véritable défi logistique. Le nouveau réseau vise ainsi à structurer les déplacements, tout en réduisant les incertitudes et les contraintes liées aux trajets quotidiens. Le déploiement du réseau se fera progressivement, en deux grandes phases. Dès le mois de mai 2026, une première mise en service sera lancée avec quatre lignes : deux en Grande-Terre et deux en Petite-Terre.
Ces premières dessertes seront articulées autour des liaisons avec la barge reliant Mamoudzou à Dzaoudzi, axe central des déplacements entre les deux parties de l’île. Cette montée en puissance progressive doit permettre d’ajuster le service au plus près des besoins des usagers. Une seconde étape est prévue en août 2026, avec l’ajout de trois nouvelles lignes en Grande-Terre. À terme, le réseau M’Safara comptera près d’une dizaine de lignes interurbaines, couvrant environ 80 % du territoire. Le service sera assuré tous les jours de la semaine, avec des fréquences adaptées selon les périodes et des bus de capacités variées, pouvant accueillir entre 9 et 53 passagers. Cette organisation vise à offrir une réponse flexible et efficace à la diversité des besoins de déplacement.
L’un des piliers du projet repose sur son intégration avec la barge, élément incontournable des mobilités à Mayotte. Cette coordination se traduit notamment par la mise en place d’un tarif unique de 2 euros, incluant à la fois le trajet en bus et la traversée maritime. Ce choix, a-t-on indiqué, vise à simplifier l’accès au transport tout en le rendant financièrement accessible au plus grand nombre. Des formules d’abonnement, journalières, hebdomadaires ou mensuelles, viendront compléter cette offre, avec des adaptations pour différents profils d’usagers. Par ailleurs, le projet M’Safara intègre une dimension numérique . Une application mobile sera déployée afin de fournir des informations en temps réel sur les déplacements des bus et de la barge.
Selon les explications fournies, cette innovation répond à un besoin crucial sur le territoire, où les usagers manquent souvent de visibilité sur les horaires effectifs. En complément, plusieurs agences de mobilité seront installées à des points stratégiques tels que Dzoumogné, Mamoudzou, Dzaoudzi, Coconi et Chirongui. "Avec M’Safara, Mayotte amorce ainsi une transformation ambitieuse de son système de transport, visant à offrir des solutions plus fiables, accessibles et adaptées aux réalités locales", a-t-on aussi fait savoir.
