La promotion de la diversité culturelle et linguistique demeure au cœur des priorités de Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Inscrite dans sa charte fondatrice, cette ambition s’appuie sur un réseau de 90 États et gouvernements membres, dont les îles de l'océan Indien. C'est dans ce cadre qu'est menée le programme de soutien à la distribution et à la découvrabilité.
Dans un contexte mondial marqué par la transformation des modes de production et de consommation, les industries culturelles apparaissent comme un secteur stratégique. Selon les données publiées par UNESCO, ces industries ne représentent que 3,1 % de la production mondiale, mais elles génèrent proportionnellement deux fois plus d’emplois que les autres secteurs économiques. Cette dynamique souligne leur potentiel en matière de croissance inclusive et de création d’emplois, notamment pour les jeunes. Face à ces enjeux, l’OIF a mis en place un programme spécifique intitulé « Industries culturelles et découvrabilité », piloté par sa direction de la langue française dans la diversité des cultures francophones. Ce dispositif propose des subventions destinées aux opérateurs culturels et aux États membres, avec pour objectif de structurer les filières culturelles et d’en renforcer la compétitivité.
Trois axes principaux guident cette initiative. Le premier vise à consolider les capacités de production, en soutenant la professionnalisation des acteurs et le développement d’infrastructures adaptées. Le deuxième concerne l’amélioration de l’accès aux biens et services culturels, en mettant l’accent sur leur diffusion et leur visibilité, notamment dans l’environnement numérique. Enfin, le troisième axe porte sur la gouvernance du secteur, avec un appui à l’élaboration de cadres législatifs favorables au développement des industries culturelles. La question de la « découvrabilité » des contenus culturels s’impose aujourd’hui comme un enjeu central. Dans un univers numérique saturé, la capacité des œuvres à atteindre leur public dépend de leur visibilité sur les plateformes et applications. Les revenus des créateurs provenant désormais majoritairement du numérique, qui représente 35 % du total.
Cependant, cette évolution ne signifie pas la disparition des formats traditionnels. Les données montrent que les revenus issus des représentations publiques, telles que les concerts, festivals et spectacles, ont progressé de 22 %, contre 9,6 % pour le numérique. Ces chiffres traduisent un intérêt persistant du public pour les expériences culturelles en présentiel, qui jouent également un rôle clé dans la construction de la notoriété des artistes. Dans le contexte, la consommation culturelle connaît ainsi une double transformation : une digitalisation accrue, mais aussi un regain d’intérêt pour les événements physiques. Cette complémentarité renforce l’importance d’une approche globale, intégrant à la fois les canaux numériques et les espaces traditionnels de diffusion.
Pour l’OIF, l’enjeu consiste à accompagner cette transition tout en préservant la diversité des expressions culturelles francophones. Les défis restent toutefois différenciés selon les régions, en fonction des infrastructures, de l’accès aux technologies et des cadres réglementaires. À travers ses initiatives, l'OIF entend ainsi renforcer la place des industries culturelles dans l’économie mondiale, tout en contribuant à la valorisation des identités culturelles. Dans un environnement en mutation, ce secteur apparaît comme un levier à la fois économique et symbolique, au croisement des enjeux de développement, d’emploi et de diversité. Et l'Organisation invite les îles de l'Indianocéanie à miser à fond sur cette initiative pour mieux faire connaître leurs artistes et leurs œuvres.
