Dans une publication datant du 13 janvier dernier, la Commission de l'Océan Indien (COI) livre son point de vue concernant la coopération régionale en Indianocéanie. Une occasion aussi pour cette organisation de revenir sur son rôle de fédérateur et de mobilisateur de ressources.
Souvent perçus comme vulnérables en raison de leur taille, de leur éloignement géographique et de leur exposition aux aléas climatiques, les petits États insulaires font face à des défis structurels majeurs. Pourtant, lorsqu’ils choisissent la coopération plutôt que l’isolement, ces territoires peuvent transformer leurs contraintes en véritables leviers d’action. Dans l’océan Indien, cette dynamique collective s’incarne pleinement à travers la Commission de l’océan Indien. Pour cette dernière, l’insularité engendre des fragilités bien connues : dépendance économique, ressources limitées, coûts élevés des infrastructures ou encore forte exposition au changement climatique. Ces défis, communs à l’ensemble des États de l’Indianocéanie, dépassent largement les frontières nationales.
Sécurité alimentaire, préservation des ressources marines, résilience face aux catastrophes naturelles ou santé publique sont autant d’enjeux régionaux qui appellent des réponses concertées. C’est précisément dans ce contexte que la coopération régionale prend tout son sens. En unissant leurs forces, les États insulaires peuvent mutualiser leurs moyens financiers, techniques et humains, tout en renforçant leur capacité à défendre leurs intérêts sur la scène internationale. Agir collectivement permet non seulement de gagner en efficacité, mais aussi de peser davantage dans les négociations globales, notamment sur les questions climatiques, commerciales ou maritimes.
La COI joue à cet égard un rôle central. Regroupant cinq États membres, elle constitue bien plus qu’un simple espace de dialogue diplomatique. Véritable plateforme stratégique, la Commission agit comme un moteur de projets régionaux et un facilitateur de partenariats. Elle offre un cadre structuré pour l’élaboration de stratégies communes, le partage de données et d’expertises, ainsi que la mise en œuvre de projets concrets dont les bénéfices sont mutualisés à l’échelle de la région. Grâce à son positionnement, la COI mobilise des financements internationaux auprès de partenaires majeurs tels que l’Union européenne, l’Agence française de développement, la Banque mondiale ou encore le Fonds vert pour le climat, auquel elle est accréditée. Cette capacité à capter des ressources financières est déterminante pour des États qui, individuellement, auraient plus de difficultés à accéder à ces financements ou à répondre aux exigences techniques associées.
Au-delà des ressources financières, la COI facilite l’accès à des expertises techniques adaptées aux réalités insulaires et développe des réseaux de coopération avec d’autres régions du monde. Ces échanges permettent de partager des expériences, de diffuser des bonnes pratiques et d’accélérer l’innovation au service du développement durable. Les bénéfices de cette coopération sont multiples : parler d’une seule voix dans les instances internationales, mutualiser les moyens et les connaissances, mais aussi accélérer la mise en œuvre des projets. Ce qui serait difficile, voire impossible, à réaliser à l’échelle nationale devient atteignable grâce à la force du collectif. "En incarnant une réponse solidaire, coordonnée et durable aux enjeux de l’Indianocéanie, la COI démontre que la coopération régionale n’est pas une option, mais une nécessité stratégique pour les petits États insulaires désireux de construire un avenir résilient et partagé", a-t-on aussi soutenu.
