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MADAGASCAR - HOTELLERIE | Carlton en difficulté

Depuis ce mardi 7 janvier, le personnel de l’Hôtel Carlton d'Antananarivo est entré en grève pour protester contre une décision jugée brutale et unilatérale de la Direction générale. La veille, le 6 janvier, les employés ont été informés de la mise en chômage technique immédiate d’une partie du personnel, une annonce qui, selon eux, s’est faite sans concertation préalable ni ouverture de dialogue social. Cette situation a rapidement suscité une vive colère au sein des effectifs, conduisant à un mouvement de contestation inédit dans l’histoire de l’établissement.



Depuis ce mardi 7 janvier, le personnel de l’Hôtel Carlton d'Antananarivo est entré en grève pour protester contre une décision jugée brutale et unilatérale de la Direction générale. La veille, le 6 janvier, les employés ont été informés de la mise en chômage technique immédiate d’une partie du personnel, une annonce qui, selon eux, s’est faite sans concertation préalable ni ouverture de dialogue social. Cette situation a rapidement suscité une vive colère au sein des effectifs, conduisant à un mouvement de contestation inédit dans l’histoire de l’établissement.


Selon les explications avancées par la Direction, cette mesure serait motivée par une situation de faillite financière, une première pour cet hôtel emblématique du paysage hôtelier de la Grande Ile. D’après les informations recueillies auprès des employés, près de la moitié des effectifs pourraient être concernés par des licenciements. Une perspective jugée inacceptable par les salariés, qui dénoncent une gestion qu’ils estiment défaillante et réclament, en signe de protestation, le départ du Directeur général, Sam Van. Les grévistes pointent notamment l’absence de communication et de transparence dans la gestion de cette crise. 


Sollicité pour réagir, un employé mandaté comme porte-parole du Directeur général a indiqué que ce dernier était « trop occupé » pour accorder une interview, une réponse qui a renforcé le sentiment de frustration et d’abandon ressenti par le personnel. Cette crise sociale survient dans un établissement qui fut longtemps considéré comme un fleuron de l’hôtellerie du pays. Inauguré en 1970 par le président Philibert Tsiranana, l'établissement était alors le premier grand hôtel de Madagascar. Sa gestion avait été confiée à la chaîne internationale Summit Hôtel and Resort, tandis que l’actionnariat était partagé entre la société Henri Fraise et Fils, détentrice de 57 % des parts, et l’État malagasy, actionnaire à hauteur de 43 %.


Au fil des années, la participation de l’État a été administrée par la Société Malagasy des Hôtelleries (SMH), créée sous la présidence de Didier Ratsiraka. Aujourd’hui, si la société Henri Fraise et Fils demeure l’actionnaire majoritaire, la part exacte détenue par l’État reste floue, alimentant les interrogations sur la gouvernance actuelle de l’établissement. L’Hôtel Carlton a connu des périodes de prospérité, mais aussi des phases plus difficiles, sans jamais toutefois atteindre un tel niveau de crise. En novembre 2007, l’établissement adopte l’enseigne Carlton 5 étoiles sous la direction de François Van Rens, après le retrait de la marque Hilton


Depuis lors, la direction a changé à plusieurs reprises, sans parvenir, selon les employés, à instaurer une stabilité durable. Les salariés menacés de licenciement mettent aujourd’hui en cause les compétences de l’actuel Directeur général, ancien chef cuisinier, qu’ils jugent inapte à redresser l’hôtel et à préserver son prestige. Au-delà du conflit social, cette crise soulève des questions plus larges sur la gouvernance, la stratégie financière et l’avenir d’un établissement longtemps considéré comme une vitrine de l’hospitalité malagasy. Mais de nombreux observateurs notent aussi la mauvaise santé du secteur touristique malgache touché ces dernières années par plusieurs crises. Pourtant, jusqu'ici, aucune feuille de route claire n'a été élaborée par le ministère de tutelle pour relancer le secteur.