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FILIERE CACAO | Une nouvelle carte à jouer pour la région

L'élection de Philippe Fontayne, vice-président du Conseil National du Cacao de Madagascar, à la présidence du Conseil international du cacao (ICCO) pour l’exercice 2026-2027 marque un tournant historique pour l'ensemble de la région de l'océan Indien. Élu à l'issue de la 114e réunion ordinaire de l'organisation à Abidjan, il propulse la Grande Île, et à travers elle ses voisins insulaires, au sommet de la gouvernance mondiale de la filière.


L'élection de Philippe Fontayne, vice-président du Conseil National du Cacao de Madagascar, à la présidence du Conseil international du cacao (ICCO) pour l’exercice 2026-2027 marque un tournant historique pour l'ensemble de la région de l'océan Indien.


À l'échelle d'un marché mondial qui brasse près de 5 millions de tonnes de fèves par an, le poids volumétrique de l'océan Indien reste modeste. Madagascar exporte environ 15 000 tonnes annuelles, principalement cultivées dans le bassin du Sambirano. Pourtant, la région détient une arme secrète : l'ICCO reconnaît 100 % des exportations malgaches comme du cacao fin ou aromatique, une distinction unique en Afrique à cette échelle. L'accession de Philippe Fontayne à la tête de l'organisation internationale consacre la diplomatie du goût. Elle démontre que la valeur d'une région ne se mesure plus seulement à ses volumes de production de masse, mais à l'excellence de son terroir, de sa génétique et de son savoir-faire post-récolte.


L'entrée en fonction de la nouvelle présidence coïncide stratégiquement avec l'application, dès le 1er octobre 2026, du nouvel Accord international sur le cacao signé à Antananarivo. La mission de Philippe Fontayne s’inscrit aussi dans un contexte caractérisé par une volatilité extrême des cours mondiaux, les impacts du changement climatique et le vieillissement des plantations. De plus, l'entrée en vigueur imminente du règlement européen contre la déforestation impose de nouvelles exigences de traçabilité. À la tête de l'institution, la plus grande île de l'océan Indien portera la voix des producteurs face à ces barrières douanières et normatives, prouvant que les structures de culture agroforestière de l'océan Indien constituent un modèle de durabilité pour l'avenir.


Le principal levier de cette présidence sera politique et économique. Aujourd'hui encore, le partage de la valeur reste profondément inégal : le producteur ne capte qu'une infime fraction du prix final du chocolat. Avec ce nouveau pouvoir de négociation, l'océan Indien compte peser pour que la prime de « qualité fine » se traduise par des revenus stables et rémunérateurs pour les familles de planteurs. Cette visibilité internationale est vue par les observateurs comme une bille carte à jouer pour la région, en servant notamment de catalyseur pour attirer des investissements vers la transformation locale. L'objectif est d'exporter uniquement des fèves brutes pour fabriquer et valoriser le chocolat directement sur place. " L'océan Indien n'est plus un simple spectateur de la filière. La région peut s'imposer désormais comme le guide éthique et qualitatif du cacao de demain", a-t-on également soutenu.